COMMENT AMÉLIORER SES TIRAGES


La qualité d'un tirage est très largement fonction des conditions d'exposition et de développement de celui-ci. En d'autres termes, le rendu peut être souvent amélioré par l'observation des règles simples énoncées ci-après. Cela étant, les conditions idéales seront réunies pour effectuer au laboratoire un véritable travail de création et d'interprétation en utilisant pleinement les qualités des papiers ILFORD.




 Exposition et développement


Le rôle du révélateur est d'exploiter l'image latente obtenue par l'exposition sous l'agrandisseur. Au cours du développement, cette image apparaît de façon progressive jusqu'à un point de stabilisation obtenu, selon le révélateur employé, après un temps variant de 1 mn à 2 mn '/2. Cette durée constitue le temps de développement normal, le respect de cette durée garantit que le potentiel du papier a été utilisé.


Par conséquent, lorsque l'image obtenue est trop sombre ou trop claire, il ne faut pas agir sur la durée du développement mais sur le temps d'exposition. Pour déterminer facilement ce temps de pose exact, procéder de la façon suivante:


Il s'agit de procéder sur une même feuille, à des durées d'exposition progressives. Après avoir choisi une zone représentative de l'image et une valeur de diaphragme courante, placer une feuille d'essai sur le margeur puis en utilisant un carton comme masque, découvrir la feuille plage par plage en appliquant chaque fois un temps de pose donné. Ainsi cinq expositions de 3 secondes chacune donneront des plages exposées respectivement 3, 6, 9, 12 et 15 secondes. L'une des plages de densités obtenue sera proche de la valeur correcte. Le temps de pose correspondant sera celui à appliquer, avec un développement normal.


L'observation de cette règle n'exclut pas une certaine souplesse, s'il n'est pas conseillé d'écourter le temps de développement, celui-ci peut être, pour des raisons pratiques, prolongé sans risques.


La température du bain est importante, une température inférieure à 20°C doit être compensée par un temps plus long. L'agitation continue pendant le développement est essentielle.


 L'éclairage du laboratoire


Il est indispensable de prévoir un confortable éclairage de laboratoire et d'en vérifier l'inactinisme; en effet certains éclairages peuvent, sans provoquer de voile visible sur les blancs de l'épreuve, en adoucir la gradation par pré-voilage, le vérifier rapidement en exposant une feuille de papier sensible avec un cliché quelconque comme pour un tirage normal; cela fait, placer la feuille à environ 1 m de la source d'éclairage en la masquant partiellement à l'aide d'un carton,- après trois minutes au moins d'exposition, développer et fixer l'épreuve examinée soigneusement, elle ne doit pas présenter l'empreinte du carton qui la recouvrait. Si tel est le cas, l'éclairage est parfaitement inactinique.


 Choix de la gradation


Le grade du papier représente son contraste propre. La gamme s'échelonne du 0 — "extra doux" au 5 — "ultra dur". Le but de cette gamme est de pouvoir restituer avec un rendu de valeurs harmonieux, du blanc au noir, toutes les nuances du négatif et des négatifs d'aspect différent. Ainsi pour tirer un négatif de contraste élevé, il faudra choisir un papier doux et inversement.


Toutefois, il sera toujours préférable de chercher à obtenir des négatifs de contraste moyen, tirables sur papier normal. Au-delà de ces règles, le tireur dispose de toute latitude d'interprétation de ses images, c'est là sa part de créativité pour laquelle, les papiers MULTIGRADE, par leur possibilités d'adaptation, apporteront une aide précieuse.


 Modification du rendu de l'image au cours de l'exposition


Un négatif, même excellent, peut nécessiter partiellement, une pose différente de celle convenant pour l'ensemble de l'image. L'opération consistant à faire cette correction s'appelle: "maquillage".


Il est possible de "retenir" (c'est-à-dire, exposer moins longtemps) une plage de l'image qui viendrait trop noire; pour cela, il faudra découper dans du carton léger un cache que l'on interposera sur le trajet lumineux pendant l'exposition dont la forme sera semblable à celle de la partie à masquer; si celle-ci se trouve au centre de la projection, il faudra fixer le cache à l'extrémité d'un morceau de fil de fer, de telle sorte que la pose soit correcte sur les bords de l'image.


Pour faire "venir" une portion d'image restée trop claire sur l'agrandissement, il faudra au contraire procéder à une pose complémentaire pour cette zone, en masquant le reste du cliché, soit avec les mains, soit, si elle est de forme plus complexe, avec un carton convenablement découpé; dans tous les cas, il faut donner un léger mouvement au masque afin de dégrader les limites de la plage maquillée.


Le maquillage est relativement facile à mettre en oeuvre mais réclame néanmoins un certain savoir-faire pour rééquilibrer harmonieusement l'image, sans correction exagérée. Cette technique classique, peut être poussée encore plus loin avec les papiers à contraste variable.En effet, il est possible de modifier localement le contraste de l'image en utilisant pour des poses partielles ou complémentaires, des filtres différents. Par exemple pour un sujet nécessitant un tirage globalement contrasté mais comportant un ciel blanc, il sera avantageux de "faire venir" le ciel en effectuant pour cette partie de l'image, une pose supplémentaire avec un filtre correspondant à un grade plus doux. De cette façon pourront apparaître des nuages qui n'auraient pas été perceptibles sans cela.


 Rinçage


Après le développement, il est nécessaire de procéder à un rinçage rapide de l'épreuve ou mieux de la passer quelques secondes dans un bain d'arrêt. Ce dernier prévient la formation de taches colorées et préserve l'acidité du fixateur.


 Fixage


C'est l'opération qui permettra la bonne conservation des épreuves. L'efficacité de ce bain étant difficilement contrôlable au moment de l'utilisation, il faudra donc en surveiller attentivement l'épuisement en comptabilisant le nombre d'épreuves traitées. Il existe dans le commerce, des bandes test de fixateur (MERCK) comparables au test PH, qui permettent d'évaluer le taux d'argent en présence dans le bain.


Si le fixage doit être suffisant, il est important également qu'il ne soit pas trop long. Indépendamment des risques d'affaiblissement de l'image, ceci aurait pour effet d'imprégner le support papier de thiosulfates difficilement éliminables au lavage et nuisibles à la conservation de l'image.


 Lavage


C'est également une opération importante. Pour bien se conserver, les épreuves sur support baryté doivent être lavées en eau courante environ 30 mn pour les supports minces et une heure pour les supports cartoline. Deux minutes suffisent pour les papiers à support RC dans de l'eau à 20°C; cette durée doit être prolongée si l'eau est plus froide.


Si l'usage de l'eau courante n'est pas possible, le lavage pourra se faire en cuvette avec changement d'eau toutes les cinq minutes de cinq à six fois. Le lavage est d'autant plus efficace et rapide que l'eau est plus renouvelée. Il est possible de contrôler l'efficacité du lavage en versant dans une éprouvette 15 à 20 ml de l'eau s'égouttant des épreuves théoriquement lavées et en laissant tomber dans cette eau quelques gouttes du réactif ainsi composé :


Permanganate de potassium : 1 gramme

Carbonate de sodium : 2 grammes

Eau : 1 litre


La teinte rosé initiale du produit doit se maintenir une minute au moins; si elle vire au jaune — verdâtre ou se décolore totalement, en moins d'une minute, le lavage doit être prolongé.


Là encore, le séjour dans l'eau ne doit pas être excessif, notamment pour les papiers RC. Ceux-ci risquant d'absorber l'eau par la tranche et de montrer au séchage, des déformations irréversibles.


Voici la méthode que nous conseillons :

 Finition


Les épreuves sur papier baryte peuvent avoir tendance à se rouler après séchage à l'air. Si elles ne sont pas trop déshydratées, il est possible de les redresser en les faisant glisser, image en l'air, sur le bord d'une table dont l'arête n'est pas trop vive ou bien, tenant l'épreuve par un angle, en la faisant glisser, image en dessous, sous une règle plate maintenue de l'autre main. Veiller à la propreté du plan de travail pour ne pas rayer l'émulsion.


Les points blancs, dus aux poussières, les rayures du négatif, visibles sur l'agrandissement, seront éliminés par l'opération de repique; celle-ci s'effectue: soit au crayon appliqué par série de points, l'égalisation de la teinte étant faite ensuite à l'estompe (pour les papiers très mats, utilisez le crayon au carbone), soit plus couramment au pinceau; on utilisera dans ce cas des couleurs (KIT PATERSON, MARABU RETOUCH SET, etc.) facilement disponibles dans le commerce et existant en différentes tonalités pour s'adapter à tous les types de papiers; cette couleur, diluée pour être amenée à la densité de la zone à repiquer, est appliquée à l'aide de pinceaux fins en poil de martre ou petit gris; il faut combler les plus grosses piqûres en commençant par les bords et en procédant par petites touches successives, en revenant plusieurs fois sur le même endroit, si nécessaire.


 Le montage et le collage...


Le papier ILFOBROM s'allonge dans les bains et subit un retrait en séchant, ce qui permet l'obtention d'une surface très lisse; l'agrandissement est appliqué sur le support (aggloméré ou de préférence latte plus rigide et plus léger, une épaisseur d'environ 15 mm à partir d'un mètre de longueur est nécessaire pour ne pas se voiler).

Encollé ou non, selon le format, les bords de la photo retournés et fixés au dos du panneau, l'ensemble sec, le collage obtenu de cette manière est impeccable.


Cette méthode n'est pas possible avec ILFOSPEED dont le support est stable, il est donc nécessaire d'utiliser d'autres moyens. Les colles employées doivent avoir une prise plus forte et plus rapide que celles généralement choisies pour les papiers conventionnels. Cependant elles ne doivent pas être instantanées afin de permettre les ajustements et déplacements éventuels de l'agrandissement, sur le panneau.


Ces colles présentent une viscosité variable, les plus consistantes ont une prise rapide mais sont par contre les plus difficiles à étaler, elles se diluent éventuellement avec de l'eau, mais attention, il n'y a pas d'évaporation par la surface du papier et plus la colle sera diluée, plus le séchage sera long.


Différents types de colles vinyliques conviennent, à l'exclusion de toute colle contenant des solvants pouvant avoir une influence sur le polyéthylène ou l'image (SADER, GENTIA, HENKEL, etc.l.


La colle d'abord étalée sur le support à l'aide d'une spatule crantée est ensuite répartie en un film mince, soit avec un rouleau de peintre en mousse, soit avec un pinceau à vernir. La photo qui peut être sèche ou humide est mise en place puis appliquée à l'aide d'une éponge en allant du centre vers les bords pour chasser les bulles d'air. L'ensemble doit être maintenu sous presse jusqu'au séchage. La finition sera effectuée à bords vifs en recoupant l'excédent à la lame de rasoir.


Les collages sur carton léger, d'épreuves glacées impossibles à ré-humidifier, de petits formats, se feront à l'aide de colles cellulosiques en aérosols ou bien d'adhésifs double face (FILMOLUX, LOMACOLL, etc.l. Ceux-ci se présentent sous la forme de rouleaux ou de feuilles de papier enduits d'une mince pellicule auto-adhésive. L'épreuve est placée sur la face adhésive de ce matériau. Il suffit ensuite de retirer la feuille protectrice pour obtenir une photo auto-adhésive que l'on place sur le support de son choix.


Il existe également des supports divers: carton, polyester, aluminium déjà enduits sur lesquels il ne reste plus qu'à placer la photo. Pour éviter toute altération des images dans le temps, n'utiliser que des supports et colles chimiquement neutres.


Vous trouverez toutes ces spécialités dans les grandes papeteries, ou magasins de fournitures pour photographes.


La qualité d'un tirage est très largement fonction des conditions d'exposition et de développement de celui-ci.

Les conseils d’Ilford