Les dix commandements pour bien traiter vos négatifs N & B



Les Kodak T-Max 100 et 400 sont des films très sensibles aux conditions de traitement. Non pas fragiles, mais fortement tributaires du respect des paramètres essentiels du développement: température, agitation, durée, fixage! Soyez méticuleux, "pinailleur", mesurez et vérifiez sans cesse, vos T-Max vous le rendront au centuple par leur extraordinaire finesse!

L'obtention d'un développement de qualité passe par le choix d'un révélateur moderne, bien adapté aux caractéristiques des nouveaux films à "grains-T" extra-fins. Mais elle passe aussi par le respect scrupuleux des principaux paramètres de traitement résumés dans les "dix commandements" du parfait laborantin noir et blanc!

Température


S'efforcer de traiter à 20° C (surtout pas en dessous avec le révélateur T-Max liquide). Éviter de dépasser 22° C (la granulation est plus apparente lorsque la température est élevée). En hiver, c'est facile : un bain-marié à 21-22°C suffit généralement à maintenir 20° C dans la cuve dans une pièce elle-même à 19 - 20° C ! En été, ne pas hésiter à refroidir le bain-marié avec de la glace. Commencer le traitement à 18 ou 19° C (la température du révélateur remonte brusquement lorsqu'on introduit le film et la spire à 25° C dans le bain). Mesurer la température en milieu de traitement et apporter les correctifs nécessaires (consulter les courbes durée de traitement et température des notices techniques).

Agitation


Respecter scrupuleusement l'agitation préconisée sur la fiche technique : rythme (intervalle entre deux agitations successives) et intensité. Éviter de faire tourner le révélateur dans la cuve (à proscrire : l'agitation rotative et le processeur automatique). Toujours commencer par cogner le fond de la cuve sur la paillasse de travail pour chasser les bulles d'air, puis agir soit par retournement de la cuve, soit en la secouant de bas en haut comme un "shaker" à cocktail.


Durée de traitement


Les fiches techniques indiquent des durées de développement correspondant à l'obtention d'un négatif de gradation moyenne, bien adapté au tirage avec un agrandisseur à tête couleur ou à condenseur, mais à lampe " gros bulbe " dont la lumière est tout aussi douce! Elles ont été déterminées pour la température indiquée (20° C) et l'agitation préconisée... Tous ces paramètres sont interdépendants et on n'insistera jamais assez sur la nécessité absolue de les respecter! Attention : certains révélateurs ne sont pas utilisés à bain perdu et nécessitent une prolongation du traitement d'un film au suivant. Consulter la notice du fabricant (Tetenal Ultrafin-SF par exemple).


Capacité du révélateur


Ne pas dépasser la capacité indiquée par le fabricant pour rechercher des économies de bouts de chandelles : la dégradation de la qualité est lente et insidieuse, mais bien réelle ! Bien sûr, la question ne se pose pas pour les révélateurs utilisés à bain perdu : on dilue la solution de réserve, on traite et on jette !


Attention à l'oxydation


Un révélateur peut être oxydé sans être épuisé : stockez un révélateur neuf pendant plusieurs mois dans un flacon à demi-rempli et mal bouché, et vous verrez! Il faut toujours remplir le flacon à ras bord (les flacons " accordéon " sont très pratiques) et bien fermer le bouchon. On peut aussi utiliser une bombe d'anti-oxydant (gaz lourd et inerte).


Bain d'arrêt


Le plus simple : un passage de 30 secondes dans de l'eau pure à 20° C (éventuellement additionnée de quelques gouttes d'acide acétique), et voilà votre film prêt pour le fixage !


•  Fixage


Utiliser un fixateur rapide (type PC FR-4 ou Hypam llford par exemple). Ne pas sur-concentrer (respecter le dosage indiqué, généralement 1 + 4 pour les films). Fixer à 20° C pendant 5 mn en agitant continuellement (ici, l'agitation rotative est parfaitement tolérée). Ne pas utiliser un fixateur épuisé : diminuer de moitié la capacité indiquée sur les notices pour les films classiques !


Lavage


Laver à 20° C impérativement : une eau froide est inefficace (en dessous de 17-18° C) et une eau chaude risque de réticuler la gélatine par gonflement excessif et choc thermique. Du reste tous les bains doivent être le plus proche possible de cette " température idéale " de 20° C! Si vous ne parvenez pas à obtenir une température stable avec votre mitigeur relié à un brise-jet pour lavage continu (Paterson, Jobo), changez l'eau toutes les 5 mn pendant 30 mn : c'est aussi efficace et très économique !


Finition


Toujours terminer le lavage par quelques gouttes d'agent mouillant. Si l'on craint particulièrement le calcaire, utiliser, pour ce dernier bain, de l'eau déminéralisée ou de la Volvic (également utile pour préparer les bains dans certaines régions particulièrement exposées). Lorsqu'on constate malgré toutes ces précautions et après séchage un dépôt calcaire (blanchâtre) sur la dorsale du film (face brillante), on peut aisément l'enlever à l'aide d'un peu de coton et d'alcool à 90°.


C'est vrai que le développement des films est, à l'heure actuelle, franchement désuet.

Mais avouez que c'est drôlement valorisant de gérer de bout en bout une opération qu'effectuait déjà nos arrières grands-parents.

Ajoutez à ça l'odeur des produits chimiques et l'atmosphère "chambre noire" et "lumière inactinique" des bons vieux polars américains, et vous êtes transportés instantanément dans un monde parallèle.


Conservation


Couper le film par bandes de six vues (pour un 36 vues) et le stocker dans un endroit sec (éviter les pièces humides). Utiliser une simple " pochette cristal " agrafée à la planche-contact. Surtout pas de feuilles spéciales pour classeur, très chères et avec lesquelles on risque de superbes rayures à chaque manipulation du négatif.

Un traitement soigneux du négatif est le garant de tirages faciles et de haute qualité. Bon labo.

Conseils de traitement du noir et blanc